Être libre de ses choix

Être libre de ses choix

 

Au travers de mes lectures de développement personnel, il y a une notion qui revenait souvent, celle de la responsabilité. Nous serions responsables à 100% de nos choix et donc de la tournure que nous donnons à nos vies. Cette idée m’a immédiatement séduite et je me sentais en phase avec elle. Je trouvais que les gens avaient une facilité déconcertante à se trouver des excuses. Moi on me disait que j’étais trop rude avec moi-même et avec les autres quand je leur parlais de cette idée de responsabilité.

Certaines vont me dire : « mais moi j’ai eu une enfance dégueulasse, c’est pas de ma propre responsabilité et j’en subi aujourd’hui les conséquences « , « j’ai eu un accident de voiture il y a 10 ans, je suis aujourd’hui en fauteuil roulant, où est ma responsabilité là-dedans », « mon enfant est malade, me dire que je suis responsable n’est-il pas culpabilisant ? ».

Face à ces interrogations – qui sont parfaitement légitimes, entendons-nous bien ! -, j’ai décidé de vous en parler un peu plus et d’essayer de décrypter cette notion qui me semble d’une logique implacable mais qui semble moins logique pour d’autre. Je ne dis pas que j’ai raison, j’ai un avis et je vais essayer de vous l’expliquer au mieux.

Pour illustrer ça, je vais vous proposer des brèves de vie et voir en quoi la responsabilité est présente à 100% et en quoi le lâcher prise doit aussi intervenir pour assumer pleinement ses responsabilités.

 

– Il était une fois – 

Brève 1  – Marie a 25 ans, un bac en poche, des années d’études plutôt chaotiques. Aujourd’hui, elle fait des petits boulots parce qu’au fond, Marie, elle n’a jamais vraiment réussi à aller au bout des choses. Même la couture elle ne trouve pas le temps de s’y mettre, alors que c’est sa passion, enfin c’est ce qu’elle dit. Elle n’a pas eu une vie facile Marie. Sa mère était aide soignante dans une maison de retraite, ses horaires ne lui permettaient pas de veiller sur sa fille comme elle l’aurait aimé. Son père lui a disparu pendant plusieurs années, il avait refait sa vie. Voilà 2 ans qu’il refait surface, il a compris que sa fille comptait beaucoup pour lui.

Marie a plusieurs options :

  1. Continuer ses petits boulots en se disant que de toute façon elle n’arrivera jamais à faire mieux faute de diplôme en poche croyance limitante. Son père, elle lui en voudra toute sa vie de son absence. Elle nourrira une rancoeur contre les enfants qu’il a eus avec sa nouvelle femme et se donnera des shoot de cortisol (hormone du stress) à chaque réunion de famille. Elle en voudra aussi 〈accumulation de sentiments négatifsà sa mère de n’avoir pas su être plus présente mais finira peut être par reproduire le même schéma faute de s’être posée des questions sur la vie qu’elle voulait et l’avenir qu’elle se construisait.
  2. Continuer les petits boulots tout en prenant des cours du soir pour apprendre ce qu’elle aime plus que tout, la couture professionnelle 〈croyance aidante – je suis capable – avec fixation d’un objectif〉. Son rêve à Marie, c’est de créer des robes de mariée. Sa mère, elle ne lui en veut pas parce qu’elle a compris qu’elle avait fait ce qu’elle avait pu à ce moment-là 〈acte de pardon et lâcher prise sur le passé〉. Pis, à quoi ça sert de lui en vouloir finalement ? ça ne va pas changer le passé. Son père ? Elle avait 2 possibilités, choisir de le rayer de sa vie ou lui ouvrir son coeur. Elle a choisi la 2e options parce qu’elle ne se voyait pas continuer sa vie sans lui. Et puis, c’est scientifiquement prouvé, les enfants qui pardonnent leurs parents pour leurs propres choix sont plus heureux que ceux qui les rayent de leur vie.

Il y a une partie de la vie de Marie sur laquelle elle n’a aucun pouvoir (son enfance, le travail de sa mère, le départ de son père). Elle n’a donc aucune responsabilité là-dessus, on est bien d’accord. Mais sur tout le reste, Marie est responsable à 100% de ses choix. Le choix d’utiliser son passé comme excuse pour ne pas avancer dans le futur, le choix d’en vouloir ou non à ses parents, le choix de suivre sa passion ou de procrastiner.

⌈ Mode excuse ON ⌋ Si elle choisit l’option 1, Marie pourra dire que c’est l’absence de son père qui ne lui a pas permis d’avoir les bases solides pour entreprendre les études de couture qu’elle voulait faire. Elle pourra dire que son père est un con et qu’elle ne souhaite plus jamais voir sa nouvelle progéniture. Quand ses enfants lui diront qu’elle est trop souvent absente, elle leur répondra qu’elle a vécu la même chose étant enfant et qu’elle n’en est pourtant pas morte 〈reproduction du schéma familial〉.

Brève 2 – Pierre a une grosse entreprise de travaux publics. Il s’est lancé à la fin de ses études, plein d’entrain dans le monde du travail. Il n’a jamais compté ses heures. 60-70 heures hebdomadaires… il ne sait même plus. Sa femme s’en plaint souvent, ses enfants aussi d’ailleurs. En même temps, quand elle l’a rencontré, elle savait tout ça. Elle savait que c’était un homme plutôt absent mais elle espérait – on espère toujours – du changement à l’arrivée de leurs jumeaux. Pierre sent que des tensions se sont installées depuis plusieurs années, il se dit que c’est comme ça la vie de couple, peut-être 〈résignation〉. Sa femme est a 2 doigts de craquer mais elle ne le croise pas suffisamment pour lui en faire part, il est tout le temps fatigué en rentrant à la maison.

Pierre a plusieurs options :

  1. Continuer son rythme, se dire que c’est comme ça la vie. Passer peut-être à côté d’une partie de la vie de ses enfants, qu’il regrettera peut-être de ne pas avoir vu grandir suffisamment 〈sentiment de regret〉. Il a conscience que sa femme n’est pas heureuse mais il ne voit pas ce qu’il a à voir là-dedans et puis il a une entreprise à faire tourner, c’est pas d’la blague ! 〈refus de se sentir responsable en partie de l’échec du couple 〉
  2. Se dire que sa femme et ses enfants sont ce qu’il a de plus cher et prendre le temps de réfléchir à comment concilier vie professionnelle épanouie et vie familiale heureuse 〈prise de conscience + prise de hauteur pour penser sa vie〉. Il peut choisir de prendre le temps d’en discuter avec son épouse. Il peut choisir de gagner moins pour voir ses enfants plus souvent.

⌈ Mode excuse ON ⌋ Pierre, s’il choisit l’option 1, pourra toujours dire que son travail a détruit sa famille. Il pourra toujours penser que c’est le divorce qui a fait qu’il n’a pas profité de l’enfance de ses jumeaux. Il pourra toujours dire que l’amour n’a pas de sens, la preuve, sa femme l’a quitté. Mais au final, c’est la succession de décision que Pierre a prises qui l’aura conduit là où il en est aujourd’hui.

Brève 3 – Sasha est un jeune homme de 28 ans. Après un parcours estudiantin plein de rebondissements, il fera finalement un BTS pour devenir podo-orthésiste. Sasha a la tête dure, il a quelques fois du mal à se remettre en question et puis il se vexe vite. Son jeune âge n’y est peut-être pas pour rien, son histoire familiale non plus. Fatigué d’une expérience professionnelle difficile, il décide de mettre un frein à son activité paramédicale pour travailler auprès de son père, agriculteur. Sasha, il n’y connaît rien en fruit mais il compte bien apprendre sur le terrain, voire même refaire quelques études si nécessaire. Il a des idées plein la tête mais il lui manque souvent la motivation pour aller au bout de ses idées, alors il procrastine un peu ou même beaucoup des fois. Il se sent chez lui sur l’exploitation alors il prend ses aises, il a raison mais son père attend de lui qu’il prenne plus de responsabilité et qu’il soit un véritable atout pour le mas. Mais Sasha, il a du mal à trouver sa place là-dedans, faut admettre que c’est pas facile ! Dans le fond, son père, il n’avait pas les moyens d’avoir un employé supplémentaire, il l’a fait parce que c’était son fils et qu’il attendait de lui qu’il améliore différents domaines de l’exploitation. Au bout de 3 ans, son père fait un point avec lui. Il lui dit que son investissement n’est pas suffisant et qu’il va falloir qu’il s’engage d’avantage au risque de devenir un poids pour l’entreprise. Sasha prend la mouche !

Sasha a plusieurs options :

  1. en vouloir à vie à son père pour cette remontade, se sentir vexé. Il se sent rabaissé par son père 〈interprétation du message – sentiment d’infériorité〉.Par conséquence, il choisit de lui faire payer cette discussion en refusant de manger chez ses parents les prochains dimanches qui arrivent < rancoeur + vengeance > . Faut pas déconner ! Il sait qu’il prend le risque de voir ses relations avec son père s’engluer et c’est dommage parce qu’il s’y sent plutôt bien sur l’exploitation.
  2. Bouder pendant 48h et faire le point sur cette discussion. Prendre le bon et retourner discuter avec son père des points sur lesquels il n’est pas d’accord. Après tout, ce sont deux adultes, ils peuvent en parler. Et puis il sait qu’une bonne partie du message a un fond de vérité 〈assumer ses responsabilités 〉.Il peut saisir cette occasion comme un tremplin qui va lui donner la motivation pour se dépasser et enfin passer des idées aux actes.

 

⌈ Mode excuse ON ⌋ Sasha, s’il choisit l’option 1,  pourra toujours dire qu’à cause de cette discussion, il a quasiment coupé les ponts avec son père. Qu’à cause de lui, l’ambiance sur l’exploitation s’est détériorée. Qu’à cause de ses mots, il n’a pas réussi à s’investir au travail. Mais au final, s’il se passe tout ça, ça sera à 100% en lien avec les décisions qu’il a prises après la discussion.

Brève 4 –  Elisabeth a eu un accident de voiture, elle avait tout juste 34 ans. Les gens qui lui rendaient visite à l’hôpital partaient en chuchotant dans l’ascenseur  « quelle horreur, elle avait la vie devant elle ». Elle a perdu l’usage de ses jambes mais elle est saine et sauve. Son corps se souviendra toute sa vie de ce choc. Les mois de rééducation à l’hôpital lui semblent une éternité. Une fois son retour à la maison, son mari lui annonce qu’il l’a quitte. Le sort s’acharne contre elle. Elle imagine qu’elle ne s’en sortira jamais.

Elisabeth a plusieurs options : 

  1. Elle choisit d’arrêter complètement son travail, même si elle aurait pu faire une partie de son boulot à domicile. Elle ne souhaite pas avoir à discuter avec des collègues, même au téléphone. Ses amis, elle leur a fermé la porte au nez, elle a honte de ce qu’elle est devenue 〈fermeture sur soi〉. Elle qui était si dynamique, promise à un avenir brillant 〈ressasser le passé〉. Elle ne voit plus que sa mère qui est sérieusement épuisée à chaque fois qu’elle voit sa fille car Elisabeth se plaint sans cesse, elle n’arrive pas à sortir la tête de l’eau 〈conséquence sur autrui〉.
  2. après plusieurs mois pour faire le deuil de sa vie antérieure et un sacré coup de pouce d’un psychiatre (et quelques médicaments, elle l’avoue), Elisabeth décide d’appeler une amie 〈ouverture vers l’autre〉pour qu’elle lui ramène de quoi se remettre à la peinture. Elle le dit sans honte, elle a encore peur de sortir de chez elle, elle ne maîtrise pas encore très bien le fauteuil. Si tôt dit, si tôt fait, Elisabeth passe 2 jours à peindre, elle sent que ça lui fait du bien, elle évacue toutes ses pensées négatives et arrive à esquisser un sourire à la fin de ces deux jours 〈mobilisation des ressources〉. Elle ne se sent pas de reprendre un travail mais elle a besoin de s’activer et de redessiner sa vie, elle s’inscrit alors à un club d’Handisport qui propose un session de basket tous les jeudi soir 〈capacité de résilience〉. Elle reprend petit à petit goût à la vie, ça va être long mais elle se dit qu’elle est encore jeune et qu’elle peut profiter encore de la vie, même en fauteuil roulant.

Elisabeth a toutes les raisons du monde de laisser tout tomber. Elle a toutes les raisons du monde de croire que le sort s’acharne contre elle entre son accident et son divorce. Elle a le choix : se laisser envahir par ce sentiment ou prendre le dessus et redessiner sa vie.

Fin –

 

J’ai bien conscience que ces brèves sont manichéennes, du tout noir ou du tout blanc, ou presque.

J’ai conscience que c’est une construction de l’esprit visant à vous faire adhérer à mon point de vue :-p

J’ai conscience que ce point de vue peut être ressenti comme culpabilisant pour certaines personnes.

Ne vous offusquez pas, prenez mon message avec hauteur. Ce que j’essaie de transmettre par ces brèves, ce qu’il est souvent plus facile d’accuser les autres que d’assumer sa propre responsabilité mais que cette attitude ne permet malheureusement pas – souvent – d’avancer.

Lorsque vous pensez « c’est la faute de ….. si aujourd’hui je…… », votre réflexion s’arrête là avec une bonne dose de rancoeur, de regrets voire de haine.

Lorsque vous pensez « il m’est arrivé ça…. J’ai fait le choix de…..et aujourd’hui j’ai décide de … », vous ouvrez la porte à une réflexion qui elle-même ouvrira d’autres portes qui vous amèneront sur les chemins de la sagesse, du pardon et de la tranquillité d’esprit.

Qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à me livrer vos témoignages en commentaire ou en privé (par l’onglet « à propos ») pour que nous discutions de tout cela ensemble.

 

Avec toute ma bienveillance,

Powa ♣

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12 réactions au sujet de « Être libre de ses choix »

  1. waouhh j’en reste pantoise! quel beau message et quelle ouverture d’esprit! c’est le verre à moitié plein/à moitié vide mais beaucoup plus poussé… très intéressant et ça nourrit l’introspection!

  2. Bonjour,
    J’adhère à 100 % de ton point de vue qui est aussi le mien.
    On a des choix à faire, des décisions à prendre pour avancer cela n’est pas toujours facile mais il faut aller de l’avant
    Bon courage à tous et toutes

  3. J’adhère moi aussi , je pense qu’il faut avant tout se poser les bonnes questions tout n’est pas négatif dans notre vie et c’est à nous de réagir . Ca n’avancera pas si l’on attend que l’entourage bouge à notre place , l’entourage peut juste nous aider parfois à prendre conscience de nos possibilités. Les choix c’est nous qui devons les faire bien entendu , il faut oser remettre les choses en question.
    Merci pour tes chouettes articles .

  4. Merci pour cet article Powa, je trouve que les situations que tu décris sont justes, certes c’est toujours plus compliqué, plus nuancé dans la vie réelle, mais ça a au moins le mérite de nous amener à réfléchir et d’ouvrir de nouvelles voies pour s’améliorer !

    1. Bonjour Fanny, oui tu as tout à fait compris le sens de mon message 🙂 Les situations sont toujours plus complexes mais j’avais envie de transmettre cette idée de choix que nous avons (presque) toujours même si quelques fois nous devons choisir entre 2 options plutôt négatives. C’est aussi ça la vie 🙂

  5. « Tout est en nous », c’est une phrase que je me répète sans cesse pour me prouver que je peux faire mes propres choix et décider de ma vie. Cela signifie être aussi responsable de sa vie, de ce que l’on souhaite en faire. Bien sûr, la vie est cruelle parfois, à quoi bon lutter… résister… Cela nous fait plus souffrir, bien que rester dans la souffrance peut s’expliquer et se comprendre. Il est dur aussi de lâcher-prise, d’accepter les aléas de l’existence. Pourtant, je pense qu’une fois que l’on a compris ça, qu’on peut avancer par soi-même, on ne rejette plus la faute sur l’extérieur (les gens ou les évènements). Et qu’est-ce que c’est libérateur 😀
    Tout cela pour dire que je suis également en phase avec ton propos, et que la responsabilité devrait être plus inculquée au monde. A tout bientôt.

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