Archives de
Catégorie : Orthophonia

Dans cette catégorie, vous trouverez mes découvertes et expériences autour de l’orthophonie. J’aborderai l’organisation de son cabinet, l’organisation de son temps mais je me questionnerai aussi sur la relation aux patients et le sentiment d’efficacité au travail.

Quel cadre proposer aux patients qui dérapent ?

Quel cadre proposer aux patients qui dérapent ?

 

Beaucoup d’orthophonistes (moi comprise) ont l’impression que leurs patients leur en demandent trop, qu’ils dépassent certaines limites à ne pas dépasser, qu’ils profitent de leur gentillesse. Mais ne serait-ce pas NOTRE comportement qui crée LEUR comportement ? N’est-ce pas NOTRE difficulté à nous positionner qui LEUR donne l’impression qu’ils décident de l’organisation des séances entre autre ? N’est-ce pas notre difficulté à dire NON et à poser un cadre stricte qui fait que ce cadre (enfin plutôt cette absence de cadre) est justement débordé en permanence ? N’est-ce pas ce besoin d’être gentille et sympathique en permanence qui ne permet pas ce cadre dont nos patients ont BESOIN ?

Alors OUI, nous faisons souvent du suivi sur du moyen et du long terme et nous tenons à ce que nos relations avec nos patients et leur entourage soient de bonne qualité. Être professionnel de santé ne signifie pas que l’on veuille une relation asymétrique, verticale avec le professionnel et son savoir et le parent et son absence de savoir. Au contraire, les parents doivent être nos partenaires et une relation horizontale où nous sommes tous égaux mais avec nos spécificités est souvent une véritable nécessité.

Mais NON, nous ne pouvons pas tout accepter au risque de faire face à des comportements inadaptés qui pourraient engendrer à la longue un véritable épuisement professionnel.

 

Pour illustrer mes propos, je vais vous raconter des BRÈVES. Ces brèves,  elle reflètent des moments où j’ai manqué de consistance, où j’ai accepté des choses que je n’aurai pas dû accepter pour différentes raisons : peur de dire non, considérations pécuniaires, lassitude, syndrome de l’imposteur, syndrome du sauveur… . Ce sont les miennes mais je vais les raconter en VOUS parlant, parce que VOUS les avez aussi vécues ( ou en partie). Parce que j’ai envie que vous vous imaginiez dans la même situation et que vous vous demandiez ce que vous auriez fait.

Pour que ce billet ne soit pas qu’un coup de gueule, j’ai eu envie de réfléchir que ce que nous aurions pu faire dans chacune des situations pour NOUS respecter et faire en sorte que le cadre thérapeutique soit accepté. Parce que céder une fois sur une règle non respectée ce n’est pas grave en soi, c’est cependant la porte ouverte à des dérives qu’on ne maîtrise ensuite plus.

 

⌈ Ils ne font pas ce que je leur ai demandé ! ⌋

 

  • il n’ont pas l’ordonnance le jour du bilan malgré votre précision au téléphone …. vous n’allez tout de même pas les renvoyer chez eux parce que vous ne voudriez pas avoir fait déplacer une famille pour rien et puis que vous avez quand même bloqué un créneau de 90 min…〈 culpabilité – finances〉

 

Vous savez pertinemment qu’une prise en charge qui commence comme ça, c’est généralement un mauvais début. Bien sûr, tout dépend des circonstances, de la façon de réagir du parent qui n’a pas pris (ou pas fait, ça change tout !) l’ordonnance. Difficile cependant de juger du sérieux du parents dans les premières minutes de l’entretien (et si nous le faisons « elle n’a pas l’air sérieuse », ce sera réellement un jugement ce qui ne me semble pas avoir sa place dans notre cabinet). En acceptant de continuer le rendez-vous, vous acceptez que les règles ne soient pas respectées dès le départ et vous ouvrez la fameuse porte. Quelle solution ? Les renvoyer ? vous avez des scrupules (même si d’autres professionnels de santé en auraient moins, vous le savez)…. même si cela fixerait le cadre dès le départ. Et ce créneau que vous avez bloqué pour rien…. pourquoi ne pas imposer que l’ordonnance soit ramenée le soir même dans la boîte aux lettres ? Vous vous montrez alors flexible (et nous savons que nous devons l’être malgré tout) mais respectez le cadre que vous avez fixé.

 

  • Ils n’ont toujours pas fait le bilan ORL de Pichounet qui a un retard massif de parole….ça fait pourtant 6 mois que vous leur rappelez.. vous n’allez quand même pas stopper la prise en charge, vous connaissez les listes d’attente dans le coin et puis Pitchounet a tellement besoin de vous  .〈 culpabilité – syndrome du sauveur 〉

 

Oui mais NON ! Ce bilan ORL est important pour vous et votre prise en charge ! Si cet enfant a une surdité à une oreille, vous n’allez pas agir de la même façon ( en terme de comportement ET d’organisation de votre prise en charge). Alors oui, vous allez devoir vous imposer (vous auriez dû bien avant mais ce n’est pas toujours évident !), sauter le pas parce que la décision des parents de ne pas respecter vos préconisations a plusieurs conséquences :

1) ils ne respectent pas ce que vous proposez, si vous l’acceptez, ils risquent de ne pas respecter d’autres préconisations (ne pas faire répéter leur enfant, baisser le temps d’écran etc).

2) vous avez ce petit diablotin dans votre tête qui vous dit chaque semaine qu’il faut que vous leur demandiez s’ils s’en sont occupés et ça, ça vous pèse. Alors, soyez franche avec cette famille et imposez leur une dead line (certaines familles ne marchent qu’avec des dead line, il faut l’avoir en tête). « Cela fait 6 mois que je vous ai demandé et rappelé régulièrement de faire un bilan ORL, c’est indispensable pour la poursuite du suivi. Si après les vacances d’avril, le rendez-vous n’est pas fait je me verrai contrainte de stopper temporairement la prise en charge »

 

  • Ils oublient pour la 4e fois d’amener leur carte vitale…. si vous vous énervez un bon coup, ils risquent de ne jamais revenir et vos 10 séances en attente ne vous seront jamais payées. 〈 finances 〉

 

Les mauvais payeurs, il y en aura toujours mais ce n’est pas une raison pour se laisser faire. D’autant plus qu’une bonne journée peut être gâchée parce une seule séance stressante. Pour cette famille en question, soit vous attendez sagement que la carte arrive (au risque d’attendre encore longtemps), soit vous proposez à la famille une feuille de soin papier avec règlement immédiat de la séance (ça calme en général !). Pour les prochaines, voyez venir les mauvaises habitudes et empêchez-les de s’installer ! Un oubli de carte vitale, ok, un 2e oubli de carte vitale c’est trop ! Indiquez à la maman que vous attendez sagement avec son fils qu’elle aille chercher la carte vitale à la maison … ou que vous allez la facturer avec une feuille de soin papier. L’autre solution est de facturer à la séance, il paraît que ça marche très bien !

Finalement, cette carte vitale c’est un plus pour le patient mais pas indispensable pour nous (même si nous pensons bien sûr à notre aide à la télétransmission). Ils l’oublient systématiquement, tant pis pour EUX (et pas pour NOUS !).

 

  • Cette maman paie toujours avec 3 semaines de décalage… ce n’est finalement pas très grave cependant ça vous pollue l’esprit parce que vous devez sans cesse lui rappeler. 〈 culpabilité – syndrome du sauveur 〉

 

Pour quelle raison a-t-elle décidé de décaler ce paiement ? Vous l’a-t-elle expliqué ? Cela peut arriver que certaines familles dans une situation délicate souhaite attendre d’avoir reçu le remboursement de la mutuelle avant de nous régler. S’il faut être flexible, c’est maintenant. Cependant, le patient n’a pas à décider unilatéralement de ce mode de fonctionnement qui doit résulter d’une discussion et d’un accord entre vous deux. Posez donc le cadre dès le départ « oui, je peux décaler exceptionnellement le paiement pour les familles en difficulté financière, cependant je vous demanderai de m’indiquer une date fixe d’encaissement afin d’éviter que l’on se pose la question tous les mois. Malgré l’encaissement différé, je vous demanderai de me fournir le moyen de paiement en fin de mois ». Pour ces familles, l’idéal est quand même l’encaissement à la séance qui évite de sortir de grosses sommes, permet une régularité et vous permet d’avoir un roulement rapidement.

 

⌈ Ils sont mal élevés !  ⌋

 

  • Ils arrivent en retard à toutes les séances et ne s’excusent jamais…. vous vous dites qu’il est difficile d’éduquer les parents mais vos séances sont tronquées en permanence et vous avez l’impression de courir pour proposer une séance correcte à cet enfant. .〈 peur du conflit 〉

 

Ce retard a des conséquences sur la prise en charge ? C’est un motif suffisant pour faire le point avec cette famille (même s’il faut avouer qu’au-delà des conséquences sur la prise en charge, ça vous met hors de vous… mais ça, ce n’est pas un argument !). Inutile de chercher à ce qu’ils s’excusent… vous n’éduquerez pas vos patients. Par contre il est aisé de leur signaler avec bienveillance mais fermeté que ces retards ont une influence sur la qualité de la prise en charge et que vous allez devoir trouver un autre créneau ou faire une pause le temps qu’ils parviennent à s’arranger.

Cette question de la pause pour les familles insuffisamment prêtes ou organisées pour s’investir convenablement, je me la suis souvent posée. Oui certains de mes patients (et moi aussi) auraient eu besoin d’une pause mais quid de la possibilité de leur retour quand notre emploi du temps ne bouge pas beaucoup à cause de prise en charge longues longues longues…..C’est souvent ce qui m’a fait hésiter et renoncer « quand ils vont revenir, vais-je avoir une place à leur proposer ? ». Cette problématique est une fausse problématique lorsqu’on la regarde de plus près. Voyons ça en détails :

  1. la famille de Poupounette n’est pas investie, annule souvent et arrive en retard une fois sur deux –> la prise en charge n’est pas efficace –> vous ne proposez pas de fenêtre thérapeutique de peur que Poupounette ne retrouve pas de place dans quelques mois –> la prise en charge n’est toujours pas efficace –> vous vous essoufflez car un des paramètres les plus importants (l’implication des familles) dans la prise en soin n’est pas efficient  –> la prise en charge est de moins en moins efficace –> la famille ne voit pas de résultats et de désinvestie d’autant plus –> etc etc !
  2. la famille de Poupounette n’est pas investie, annule souvent et arrive en retard une fois sur deux –> la prise en charge n’est pas efficace –> vous proposez une fenêtre thérapeutique pour que votre énergie soit allouée à une famille motivée, vous êtes fière de votre démarche et récupérez un patient à fond –> Poupounette fait une pause et reviens dans 4 mois malheureusement il ne vous reste qu’une seule place le mardi à 14h –> la famille de Poupounette s’organise comme elle peut pour l’amener, elle s’investie plus car le CP approche et elle s’inquiète pour sa fille.
  3. Variante à la 2/, Poupounette fait une pause et reviens dans 4 mois malheureusement il ne vous reste pas de place pour le moment, vous proposez une PEC intensive pendant les vacances scolaires –> la famille de Poupounette est d’accord et ce rythme de prise en charge lui convient finalement pas si mal (investissement sur le court terme).

Cessons de nous épuiser pour des familles qui ne souhaitent pas s’investir. Les enfants que nous recevons ne sont pas NOS enfants, ils sont certes besoin de nous mais ils auraient besoin de plein d’autres choses et nous ne pouvons pas sauver la planète.

 

  • Ce papa annule 2 fois par mois quelques heures avant la séance pour des motifs plus ou moins valables…. que faire, finalement il vous prévient non ? Et puis si vous ne prenez plus son fils, vous n’êtes pas sûre de réussir à remplir le créneau de 14h que personne ne veut. .〈 finances – peur du conflit 〉

 

Cet aspect pécuniaire est récurrent dans notre réflexion sur la façon d’agir avec nos patients. C’est normal, nous devons bien manger ! Cependant, le choix de conserver un patient ,qui ne respecte pas le cadre thérapeutique,  pour ces raisons-là aura des conséquences négatives sur nous (tension, énervement, stress). Tout ça pour 1 créneau…. tout ça pour une soixantaine d’euros net dans le mois (si toutefois le créneau n’était pas rempli dans le mois). Si vous n’avez pas la corde au cou, que l’argent est important mais que vous n’avez pas de difficultés significatives, pourquoi ne pas se faire du bien en arrêtant cette prise en charge et pour profiter pour vous reposer entre 2 rendez-vous (le temps que le créneau soit pris) ?

Là encore, il sera important de pointer du doigt les absences récurrentes (l’idéal est de proposer votre fiche de suivi avec les absences notées en rouge, ça fait toujours son petit effet quand il y a beaucoup de rouge sur une feuille, ça évoque des souvenirs d’écoliers 😉 ) et de proposer une alternative (ça me paraît essentiel pour ne pas braquer le parent) : changement de créneau ou pause pendant quelques mois.

 

  • L’IME avec lequel vous travaillez ne vous prévient jamais quand un enfant est absent… après tout il en ont beaucoup des enfants à gérer mais ce matin vous êtes venue pour rien parce qu’il y avait une sortie générale et personne ne vous avait prévenue. 〈  peur du conflit – syndrome du sauveur〉

 

Merde alors ! Oups c’est sorti tout seul ! Vous n’avez pas que ça à faire ! Les chefs de service ont aussi quelques fois besoin qu’on leur rappelle que l’on n’est pas salarié de leur établissement et que vous avez des règles inhérentes à votre exercice et qu’ils doivent les respecter. Plusieurs solutions s’offrent à vous :

  1. un énième mail ou coup de fil pour rappeler votre fonctionnement (sans affect, en toute neutralité… c’est important)
  2. une menace…. et oui…. « Vous noterez que c’est la 4e fois que l’absence d’un enfant ne m’est pas signalé. Les règles du cabinet étant stricte sur ce point et s’appliquant à tous les enfants pris en charge – qu’ils viennent de centres ou non-, merci de prendre en considération qu’à la prochaine absence non signalée, la prise en charge de Petitbout s’arrêtera ».
  3. arrêter de travailler en convention avec les centres….c’est ma conclusion (qui est liée à ma propre petite expérience). Les enfants qui viennent d’IME notamment sont des enfants ayant besoin d’un suivi pluridisciplinaire or nous sommes généralement isolées, nous ne rencontrons pas toujours les familles et les éducateurs. QUID de l’efficacité de ce genre de suivis anti-fonctionnels voire même anti-écologiques ? QUID de notre épuisement professionnel face à ces enfants que nous avons l’impression de porter à bout de bras ? À méditer !

 

⌈ Ils n’en font qu’à leur tête !  ⌋

 

  • Ce petit garçon n’est pas prêt, ses troubles du comportement son majeurs et une prise en charge psychologique serait indispensable…. les parents sont contre et ne veulent pas payer, par contre l’orthophonie ils veulent bien… pour vous c’est un calvaire parce que vous avez l’impression de faire de l’éducatif et vous détestez ça et puis les séances n’avancent pas, forcément ! 〈 syndrome du sauveur – empathie〉

 

Stooooooooop ! Oui ce petit garçon a besoin d’orthophonie, vous le savez pertinemment mais pas dans ces conditions ! Si vous continuez ainsi, vous allez vous épuiser et le créneau de Ptichou sera synonyme de calvaire pour vous !

C’est difficile à intégrer mais les décisions que prennent les parents ne nous regardent pas. Nous faisons notre travail d’accompagnement parental, nous avons indiqué à la fin de notre bilan qu’un bilan « psy » (n’importe quelle « psy » d’ailleurs) serait pertinent car les troubles du comportement sont majeurs. Les parents ne souhaitent pas le faire :

⊕ Pour des raisons financières , les séances chez la psychologue sont chères et ils n’ont pas les moyens. Cette petite phrase appelle l’empathique qui est en nous. C’est un belle qualité qui ne doit cependant pas guider nos prises de décision et surtout notre rationalité . Votre prise en charge ne pourra pas avancer sans l’aider d’un autre thérapeute… inutile d’aller plus loin au risque de vous essouffler, d’essouffler la famille qui a forcément des attentes que vous ne pourrez pas combler.

⊕ Pour des raisons personnelles, ils ne croient pas en la « psy » de manière générale et préfèrent ne pas parler de tout ça. Si cette famille ne pense pas devoir être accompagnée alors que cela saute aux yeux pour vous…inutile d’aller plus loin au risque de vous essouffler, d’essouffler la famille qui a forcément des attentes que vous ne pourrez pas combler (quoi, je me répète ? 😉 )

 

  • La famille Durand a décrété que les vacances et l’orthophonie ne faisaient pas bon ménage, pourtant DurandJunior ne vient qu’une fois par semaine (ce qui est déjà bien insuffisant), mais ils l’ont décidé ainsi… contre votre avis de professionnelle. 〈syndrome de l’imposteur – peur du conflit 〉

 

Si Durandjunior vient chez vous, c’est qu’il en a besoin. L’arrêt de la prise en charge durant 16 semaines soit 4 mois environ a forcément des conséquences sur l’avancement de votre rééducation. Vous avez une liste d’attente (ou pas !) et vous n’avez pas envie que la prise en charge de DurandJunior dure 2 ans et 8 mois au lieu des 2 ans qui auraient été nécessaires ( ou peut-être 1 s’il était venu 2 fois par semaine…. personne ne pourra jamais le savoir mais ça fait réfléchir sur l’état de nos listes d’attente et l’essoufflement que certaines peuvent ressentir face à des prises en charge qui durent et qui durent encore !). Soyez claire avec la famille, c’est une semaine sur 2 pendant les vacances ou rien. C’est votre fonctionnement et si cela ne leur convient pas, ils peuvent toujours aller voir votre voisine de palier 🙂

 

  • « Il ne viendra pas pendant les vacances, mais ne vous inquiétez pas, je vais le faire travailler »… vous savez bien que cette maman est pleine de bonne volonté mais son « travail » n’est pas comparable à ce que vous comptiez proposer en séance. Vous aimeriez bien lui dire mais vous ne voulez pas la vexer, finalement ça fait 3 ans que vous suivez son fils, des liens se sont forcément créés et vous ne voudriez pas ternir les relations pour les mois à venir. 〈  peur du conflit – syndrome du l’imposteur 〉

 

Pour le bien de la profession et votre bien-être à vous, vous vous devez de lui dire que SON travail n’est aucunement comparable à VOTRE travail. Parce que si vous laissez passer ce genre de comparaison, vous la laisserez aussi dire que c’est un « cours » d’orthophonie ou pire du soutien. Parce que si vous acceptez ce genre de comparaison, vous continuerez à ressentir le syndrome de l’imposteur qui vous fait penser que vous n’êtes pas à votre place et que ce que vous faites, n’importe qui pourrait le faire, dont la première maman pleine de bonne volonté. NON !

 

Voilà pour un premier tour d’horizon de mes brèves d’orthophonie. Les propositions de solutions sont bien sûr les MIENNES et ne conviendront pas à tout le monde ! Je pense cependant que l’on peut garder en tête quelques principes clés :

  1. quel que soit notre ressenti intérieur, il est important de garder un ton neutre sans affect. Les règles sont les règles et elles s’appliquent à tous, nos patients préférés comme ceux que nous affectionnons moins.
  2. garder son cadre surtout lorsque l’on est face à une famille qui veut aller contre notre cadre, pour nous préserver
  3. penser que toutes ces sorties hors cadre nous essoufflent et nous lassent, c’est donc dans un but de qualité de la prise en charge qu’il est important de le maintenir. 

 

Avec toute ma bienveillance

 

Powa ♣

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !
Être une orthophoniste organisée, c’est possible !

Être une orthophoniste organisée, c’est possible !

 

Lors de nos études d’orthophonie (du moins dans mon école, Montpellier), on ne nous parle pas ou peu de la façon dont on devra gérer le cabinet, la paperasse, notre emploi du temps ou encore la relation patient. Et pourtant, un module sur le management du cabinet ne serait pas du luxe !

Je vous propose ici différentes lois qui sont utilisées comme techniques managériales pour apprendre à mieux gérer son temps et son organisation au travail !

 

⌈La loi de Parkinson⌋

 

N’avez-vous jamais passé trop de temps sur la rédaction d’un compte rendu de bilan alors que vous pensiez que ce serait plié rapidement ? N’avez-vous jamais passé trop de temps à ranger votre bureau alors que vous pensiez que ce serait réglé en une vingtaine de minutes ?

Moi ça m’arrive régulièrement et généralement je me dis que je me suis « perdue ». Ces moments de perdition ne sont pas forcément des moments d’efficacité extrême, au contraire. J’ai tout simplement l’impression d’avoir perdu mon temps et j’avoue que je déteste ça. Quitte à prendre du temps, autant que ce soit pour être productive ou alors pour prendre du temps pour soi ,pour se détendre.

Pour éviter cet écueil, j’ai imaginé utiliser la loi de Parkinson dans notre organisation au cabinet. Quel comble cette loi de Parkinson ! Là tout le monde se demande s’il s’agit du même Parkinson qui a inventé cette loi et celui qui a découvert la tristement célèbre maladie de Parkinson ? Eh bien NON !

Cette loi est simple :  Le travail s’étale de façon à occuper le temps disponible pour son achèvement. En d’autres termes, si nous nous donnons 1h pour réaliser une tâche, nous prendrons l’heure dans son entièreté

Autre nom de cette loi :  loi des gaz appliquée au travail, loi de la pyramide sans fin.

Comment appliquer cette loi au cabinet ?

  1. Réfléchissez VRAIMENT au temps nécessaire pour réaliser les tâches inhérentes à la tenue d’un cabinet. Quelle durée souhaitez-vous (devriez-vous ?) passer pour un bilan « classique » ? pour un bilan plus complexe ? Quelle durée souhaitez-vous passer pour ranger les papiers qui se sont accumulés dans votre cabinet en fin de semaine ? Quelle durée pour monter un projet thérapeutique détaillé ?
  2. Lorsque vous souhaitez effectuer une tâche, quelle qu’elle soit, fixez-vous ce temps précis pour réaliser cette tâche et mettez un timer pour éviter de dépasser ce temps.

Pour ma part, cette loi est celle qui me fait être bien plus efficace au cabinet.

Quelques exemples, totalement personnels, à adapter à votre façon de travailler et vos envies :

  • bilan de langage écrit « classique » : 1h30 de rédaction
  • rangement des papiers : 15 min maximum
  • préparation des séances de la journée : 30 min
  • point DEP : 5 min

 

⌈La loi de Carlson⌋

 

Cette loi est intéressante en référence à ce que nous faisons souvent : faire des petits morceaux de tâches entre deux patients ou lorsque l’on a des absents. Efficace ou pas ? La loi de Carlson nous répond que NON !

Le principe de cette loi est le suivant : Un travail réalisé en continu prend moins de temps et d’énergie que lorsqu’il est réalisé en plusieurs fois ». Cela signifie que les interruptions sont mauvaises pour la productivité.

Cela veut dire qu’il est plus efficace de réaliser des petites tâches terminables en moins de 30 minutes lorsque l’on a un absent plutôt que de faire des morceaux de tâches non terminables en 30 minutes.

Exit les morceaux de bilan entre 2 patients, bonjour les petites tâches comme ranger les papiers, préparer des DEP, imprimer des bilans à envoyer aux médecins prescripteurs, envoyer un mail à l’IME pour confirmer un rendez-vous, un coup de fil (à limiter avec la loi de Parkinson !) etc.

Cela implique également de rassembler les tâches de même nature :

  • rassembler les coups de fil à passer sur une même demi-heure
  • rassembler les mails à envoyer sur un même quart d’heure, une à deux fois par semaine
  • rassembler les DEP à imprimer une fois par semaine (ou une fois par mois ?)

 

⌈La loi de Douglas⌋

 

Cette loi va vous accompagner pour organiser votre bureau. Oh Oui ! Oh Oui !

Je trouve qu’il est indispensable d’avoir un bureau correctement rangé pour accueillir les parents ( et même les enfants). Cependant, j’ai quelques fois de la paperasse qui s’accumule sur l’étagère derrière moi ou des activités non rangées lorsque j’ai des petits enfants très turbulents qui détruisent littéralement tout le cabinet.

Le principe de cette loi est le suivant : Plus on a de place dans son bureau, plus on étale ses affaires. C’est finalement une variante de la loi de Parkinson.

Finalement, quand on a l’impression que l’on n’a pas assez de rangement ou qu’il nous faudrait un bureau plus grand, cela n’est pas forcément vrai. Un plus grand bureau sera aussi vite encombré.

Comment faire ? Les japonais utilisent la méthode des 5S, la voici :

  • Seiri : Débarrasser (trier, jeter, recycler, archiver )
  • Seiton : Ranger (classer de sorte à limiter les déplacements physiques)
  • Seiso :  Nettoyer
  • Seiketsu : standardiser (ranger son bureau de sorte qu’une autre personne pourrait s’y retrouver )
  • Shitsuke : se discipliner (appliquer les 4 opérations précédents et parvenir à les maintenir dans le temps )

Si l’on réfléchit « parkinsonniennement » (ouf sacré mot !), l’on pourrait se dire que cette méthode des 5S pourrait être appliquée 15 minutes tous les soirs en partant du cabinet. Ça permet d’arriver le lendemain matin avec un bureau propre et rangé, d’éviter l’accumulation de documents qu’il faudrait bien plus longtemps à trier plus tard.

 

⌈La loi d’illich⌋

 

Cette loi, aussi appelée loi des rendements décroissants, consiste à dire qu’au-delà d’un certain seuil, l’efficacité humaine décroît, voire devient négative.

Il paraîtrait qu’au-delà de 90 minutes, notre attention décline. Si l’on prend cette loi à la lettre, il faudrait que l’on prenne 3 patients (PEC de 30 minutes) puis que l’on fasse une pause pour éviter que le 4e patient pâtisse de notre chute d’attention. Faisable ? Difficile à appliquer ? Je sais… Cependant, je trouve intéressant de se poser la question de notre «  pertinence rééducative «  lorsque l’on accueille notre 6 ou 7e patient d’affilée.. ?!

Cependant, si pour vous il est inenvisageable de faire des pauses toutes les 90 minutes, cette loi peut aussi s’appliquer pour la rédaction des bilans. 1h30 de rédaction par plus. Cela peut entrer en contradiction avec la loi de Carlson si l’on pensait passer 2h à rédiger un bilan (hum !) , cependant je trouve toujours intéressant de noter les résultats bruts, les premières analyses puis de revenir faire la conclusion plus tard afin d’avoir un regard neuf.

 

⌈La loi de Laborit⌋

 

Cette loi consiste à dire que l’être humain a tendance à faire en premier ce qui lui fait plaisir. Nous privilégions donc les tâches qui vous nous apporter satisfaction. C’est malheureusement cela qui entraîne la procrastination.

Pour lutter contre la procrastination, une des méthodes serait donc de lutter contre cette tendance naturelle et commencer sa journée par les tâches qui nous rebutent le plus. Dans mon quotidien, je dis souvent que je vais « Eater mon frog » car j’avais découvert ce principe dans le livre Avalez le crapaud (Eat that frog), un basique dans le développement personnel.

Lorsque vous préparez votre to-do list de la journée (dans votre Bullet journal 😉 ), n’hésitez pas à surligneur la tâche qui vous pèse le plus afin de la réaliser en premier, dès que vous avez un temps de libre.

 

Voilà pour ce petit tour d’horizon de lois connues en management d’entreprise. Bien sûr, le cabinet d’orthophonie n’est pas une grosse boîte et il faut les prendre avec « tact et mesure » 😉 À nous de nous en inspirer et de les adapter à notre pratique.

 

Orthophoniquement vôtre !

Powa ♣

 

 

 

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !
Bases pour un bullet journal d’orthophoniste

Bases pour un bullet journal d’orthophoniste

 

La question d’intégrer des problématiques professionnelles dans un bullet journal personnel est régulièrement posée par de nombreuses utilisatrices de cet outil. Sans prétendre proposer une réponse exhaustive, je vous propose MA réponse. Celle que j’ai décidé de mettre en place au quotidien, dans mon cabinet d’orthophonie. Des pages seront à revoir, à améliorer, à adapter mais il faut bien commencer, alors commençons !

Cette section sera aussi écrite au féminin, comme tout le reste du blog. N’en déplaise aux 1 ou 2 % d’hommes dans la profession, j’ai décidé qu’ici, le féminin l’emporterait 😉

Je précise aussi que beaucoup de termes liés au bullet journal sont anglais et c’est tout à fait normal puisque le concept vient des Etats-Unis. Je conserverai ces termes volontairement parce que les traductions littérales ne sont pas toujours aisées et aussi parce que j’adore l’anglais ( bouuuuh la vilaine orthophoniste !! ;-))

Dans ce billet qui débutera cette nouvelle section du blog, je vous propose les pages qui constituent selon moi la BASE d’un bullet journal d’orthophoniste.

 

Si vous êtes venues par curiosité sur cet article mais que vous ne connaissez pas le principe du bullet journal, faites donc un petit tour vers ces articles avant pour voir si le concept vous plaît :

 

⌈L’index ⌋

 

Attention à ne pas confondre Index et Sommaire (comme je le faisais au départ…).

L’index consiste à répertorier les différentes pages qui vont être présentes dans votre carnet ou votre classeur. Il faut dont mettre le titre de votre page puis le numéro de page associé. Ainsi, si vous créez, plus loin dans votre carnet, une deuxième page sur un même thème, il suffira d’ajouter le second numéro de page juste après.

Si vous préférez utiliser un classeur, ce sera différent puisqu’il vous suffira s’assembler les pages similaires ensemble, un sommaire simple pourra donc suffire.

 

⌈ Le Futur log ⌋

 

Il s’agit simplement d’un calendrier annuel avec une vue sur les 12 prochains mois dans l’idéal.

Pour chaque mois, un emplacement est prévu pour noter les événements divers :

  • vacances scolaires, parce qu’on sait à quel point elles chamboulent notre pratique
  • dates échéances de l’URSSAF et de la CARPIMKO, parce qu’on sait à quel point elles chamboulent notre pratique 😉
  • dates des formations, parce que c’est toujours bien d’anticiper sur ses absences que ce soit pour nos patients ou pour nous-même.
  • date des réunions avec les collègues, si vous en faites ! Moi j’en fait régulièrement et j’adore !
  • date des ESS, si vous en faites aussi ! Moi je n’en fais pas ou alors payée en HN et en dehors de mes temps de PEC.

 

⌈ La Monthly view ⌋

 

Cette page peut-être créée en fin de mois, pour préparer le mois à venir. Elle peut contenir divers éléments comme :

  • les bilans à rédiger dans le mois
  • les coups de fil à passer
  • le rappel des échéances des charges que vous retrouverez sur le futur log
  • les objectifs du mois en terme de rangement du cabinet, lecture théorique, réorganisation des dossiers, compta (!), création de projets thérapeutique etc
  • un encadré avec le matériel que l’on aimerait créer ce mois-ci

Ces éléments ne sont bien sûr pas exhaustifs et dépendront de votre vie d’orthophoniste 🙂 L’idée est seulement d’avoir une vue de ce que l’on aimerait réaliser dans le mois.

À quoi ça sert d’avoir cette vue mensuelle ? Tout simplement à ne pas se laisser dépasser par le temps qui passe à une vitesse folle. Ça ne vous est pas déjà arrivé de vous dire qu’il faut que vous rangiez votre cabinet (…) et pouf le mois est passé, vous n’avez pas eu le courage de vous y mettre ou vous avez oublié votre bonne résolution dès le pied posé au cabinet et toutes les tâches quotidiennes à réaliser. Le fait de faire le point en début de mois, d’inscrire (j’insiste sur l’acte d’écriture qui a toute son importance) les tâches à réaliser puis de les reporter dans nos pages semaines (on y arrive) vous permettra d’augmenter en efficacité.

 

 

⌈ La weekly view ou les daily ⌋

 

À vous de voir si vous préférez faire une double page semaine avec toute votre semaine en visuel (weekly vue) ou bien écrire vos tâches au jour le jour (daily).

J’aime personnellement beaucoup la weekly view mais quand je me sens trop débordée (paradoxalement), j’opte pour les daily qui ne me demandent aucun temps de préparation. Je ne peux que vous conseiller d’essayer une formule puis l’autre pour voir ce qui vous convient le mieux !

Sur ces pages, quelles qu’elles soient, vous allez noter les tâches à réaliser quotidiennement en vous référant à votre monthly view. À vous de répartir les tâches à réaliser dans le mois petit à petit de sorte à avoir tout (ou presque) réalisé  à la fin du mois.

 

 

⌈ Les collections ⌋

 

Les collections sont des pages titrées où l’on liste des items. Je vous en propose quelques-unes :

  • le matériel que l’on veut acheter ou que l’on veut créer
  • les bilans en cours de rédaction
  • liste des livres/articles que j’aimerai lire
  • liste des professionnels dont on a eu un bon retour (pédopsy, ostéopathe, pédiatre, orthoptiste etc)

Il peut y avoir des dizaines de collections, à vous de voir 🙂

 

 

Cet article vous a plu ? il vous a aidé à saisir l’utilité d’un bullet journal professionnel ? N’hésitez pas à le partager et à commenter si vous souhaitez compléter ou témoigner 🙂

 

Powa ♣

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !