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Catégorie : Humeur

Être libre de ses choix

Être libre de ses choix

 

Au travers de mes lectures de développement personnel, il y a une notion qui revenait souvent, celle de la responsabilité. Nous serions responsables à 100% de nos choix et donc de la tournure que nous donnons à nos vies. Cette idée m’a immédiatement séduite et je me sentais en phase avec elle. Je trouvais que les gens avaient une facilité déconcertante à se trouver des excuses. Moi on me disait que j’étais trop rude avec moi-même et avec les autres quand je leur parlais de cette idée de responsabilité.

Certaines vont me dire : « mais moi j’ai eu une enfance dégueulasse, c’est pas de ma propre responsabilité et j’en subi aujourd’hui les conséquences « , « j’ai eu un accident de voiture il y a 10 ans, je suis aujourd’hui en fauteuil roulant, où est ma responsabilité là-dedans », « mon enfant est malade, me dire que je suis responsable n’est-il pas culpabilisant ? ».

Face à ces interrogations – qui sont parfaitement légitimes, entendons-nous bien ! -, j’ai décidé de vous en parler un peu plus et d’essayer de décrypter cette notion qui me semble d’une logique implacable mais qui semble moins logique pour d’autre. Je ne dis pas que j’ai raison, j’ai un avis et je vais essayer de vous l’expliquer au mieux.

Pour illustrer ça, je vais vous proposer des brèves de vie et voir en quoi la responsabilité est présente à 100% et en quoi le lâcher prise doit aussi intervenir pour assumer pleinement ses responsabilités.

 

– Il était une fois – 

Brève 1  – Marie a 25 ans, un bac en poche, des années d’études plutôt chaotiques. Aujourd’hui, elle fait des petits boulots parce qu’au fond, Marie, elle n’a jamais vraiment réussi à aller au bout des choses. Même la couture elle ne trouve pas le temps de s’y mettre, alors que c’est sa passion, enfin c’est ce qu’elle dit. Elle n’a pas eu une vie facile Marie. Sa mère était aide soignante dans une maison de retraite, ses horaires ne lui permettaient pas de veiller sur sa fille comme elle l’aurait aimé. Son père lui a disparu pendant plusieurs années, il avait refait sa vie. Voilà 2 ans qu’il refait surface, il a compris que sa fille comptait beaucoup pour lui.

Marie a plusieurs options :

  1. Continuer ses petits boulots en se disant que de toute façon elle n’arrivera jamais à faire mieux faute de diplôme en poche croyance limitante. Son père, elle lui en voudra toute sa vie de son absence. Elle nourrira une rancoeur contre les enfants qu’il a eus avec sa nouvelle femme et se donnera des shoot de cortisol (hormone du stress) à chaque réunion de famille. Elle en voudra aussi 〈accumulation de sentiments négatifsà sa mère de n’avoir pas su être plus présente mais finira peut être par reproduire le même schéma faute de s’être posée des questions sur la vie qu’elle voulait et l’avenir qu’elle se construisait.
  2. Continuer les petits boulots tout en prenant des cours du soir pour apprendre ce qu’elle aime plus que tout, la couture professionnelle 〈croyance aidante – je suis capable – avec fixation d’un objectif〉. Son rêve à Marie, c’est de créer des robes de mariée. Sa mère, elle ne lui en veut pas parce qu’elle a compris qu’elle avait fait ce qu’elle avait pu à ce moment-là 〈acte de pardon et lâcher prise sur le passé〉. Pis, à quoi ça sert de lui en vouloir finalement ? ça ne va pas changer le passé. Son père ? Elle avait 2 possibilités, choisir de le rayer de sa vie ou lui ouvrir son coeur. Elle a choisi la 2e options parce qu’elle ne se voyait pas continuer sa vie sans lui. Et puis, c’est scientifiquement prouvé, les enfants qui pardonnent leurs parents pour leurs propres choix sont plus heureux que ceux qui les rayent de leur vie.

Il y a une partie de la vie de Marie sur laquelle elle n’a aucun pouvoir (son enfance, le travail de sa mère, le départ de son père). Elle n’a donc aucune responsabilité là-dessus, on est bien d’accord. Mais sur tout le reste, Marie est responsable à 100% de ses choix. Le choix d’utiliser son passé comme excuse pour ne pas avancer dans le futur, le choix d’en vouloir ou non à ses parents, le choix de suivre sa passion ou de procrastiner.

⌈ Mode excuse ON ⌋ Si elle choisit l’option 1, Marie pourra dire que c’est l’absence de son père qui ne lui a pas permis d’avoir les bases solides pour entreprendre les études de couture qu’elle voulait faire. Elle pourra dire que son père est un con et qu’elle ne souhaite plus jamais voir sa nouvelle progéniture. Quand ses enfants lui diront qu’elle est trop souvent absente, elle leur répondra qu’elle a vécu la même chose étant enfant et qu’elle n’en est pourtant pas morte 〈reproduction du schéma familial〉.

Brève 2 – Pierre a une grosse entreprise de travaux publics. Il s’est lancé à la fin de ses études, plein d’entrain dans le monde du travail. Il n’a jamais compté ses heures. 60-70 heures hebdomadaires… il ne sait même plus. Sa femme s’en plaint souvent, ses enfants aussi d’ailleurs. En même temps, quand elle l’a rencontré, elle savait tout ça. Elle savait que c’était un homme plutôt absent mais elle espérait – on espère toujours – du changement à l’arrivée de leurs jumeaux. Pierre sent que des tensions se sont installées depuis plusieurs années, il se dit que c’est comme ça la vie de couple, peut-être 〈résignation〉. Sa femme est a 2 doigts de craquer mais elle ne le croise pas suffisamment pour lui en faire part, il est tout le temps fatigué en rentrant à la maison.

Pierre a plusieurs options :

  1. Continuer son rythme, se dire que c’est comme ça la vie. Passer peut-être à côté d’une partie de la vie de ses enfants, qu’il regrettera peut-être de ne pas avoir vu grandir suffisamment 〈sentiment de regret〉. Il a conscience que sa femme n’est pas heureuse mais il ne voit pas ce qu’il a à voir là-dedans et puis il a une entreprise à faire tourner, c’est pas d’la blague ! 〈refus de se sentir responsable en partie de l’échec du couple 〉
  2. Se dire que sa femme et ses enfants sont ce qu’il a de plus cher et prendre le temps de réfléchir à comment concilier vie professionnelle épanouie et vie familiale heureuse 〈prise de conscience + prise de hauteur pour penser sa vie〉. Il peut choisir de prendre le temps d’en discuter avec son épouse. Il peut choisir de gagner moins pour voir ses enfants plus souvent.

⌈ Mode excuse ON ⌋ Pierre, s’il choisit l’option 1, pourra toujours dire que son travail a détruit sa famille. Il pourra toujours penser que c’est le divorce qui a fait qu’il n’a pas profité de l’enfance de ses jumeaux. Il pourra toujours dire que l’amour n’a pas de sens, la preuve, sa femme l’a quitté. Mais au final, c’est la succession de décision que Pierre a prises qui l’aura conduit là où il en est aujourd’hui.

Brève 3 – Sasha est un jeune homme de 28 ans. Après un parcours estudiantin plein de rebondissements, il fera finalement un BTS pour devenir podo-orthésiste. Sasha a la tête dure, il a quelques fois du mal à se remettre en question et puis il se vexe vite. Son jeune âge n’y est peut-être pas pour rien, son histoire familiale non plus. Fatigué d’une expérience professionnelle difficile, il décide de mettre un frein à son activité paramédicale pour travailler auprès de son père, agriculteur. Sasha, il n’y connaît rien en fruit mais il compte bien apprendre sur le terrain, voire même refaire quelques études si nécessaire. Il a des idées plein la tête mais il lui manque souvent la motivation pour aller au bout de ses idées, alors il procrastine un peu ou même beaucoup des fois. Il se sent chez lui sur l’exploitation alors il prend ses aises, il a raison mais son père attend de lui qu’il prenne plus de responsabilité et qu’il soit un véritable atout pour le mas. Mais Sasha, il a du mal à trouver sa place là-dedans, faut admettre que c’est pas facile ! Dans le fond, son père, il n’avait pas les moyens d’avoir un employé supplémentaire, il l’a fait parce que c’était son fils et qu’il attendait de lui qu’il améliore différents domaines de l’exploitation. Au bout de 3 ans, son père fait un point avec lui. Il lui dit que son investissement n’est pas suffisant et qu’il va falloir qu’il s’engage d’avantage au risque de devenir un poids pour l’entreprise. Sasha prend la mouche !

Sasha a plusieurs options :

  1. en vouloir à vie à son père pour cette remontade, se sentir vexé. Il se sent rabaissé par son père 〈interprétation du message – sentiment d’infériorité〉.Par conséquence, il choisit de lui faire payer cette discussion en refusant de manger chez ses parents les prochains dimanches qui arrivent < rancoeur + vengeance > . Faut pas déconner ! Il sait qu’il prend le risque de voir ses relations avec son père s’engluer et c’est dommage parce qu’il s’y sent plutôt bien sur l’exploitation.
  2. Bouder pendant 48h et faire le point sur cette discussion. Prendre le bon et retourner discuter avec son père des points sur lesquels il n’est pas d’accord. Après tout, ce sont deux adultes, ils peuvent en parler. Et puis il sait qu’une bonne partie du message a un fond de vérité 〈assumer ses responsabilités 〉.Il peut saisir cette occasion comme un tremplin qui va lui donner la motivation pour se dépasser et enfin passer des idées aux actes.

 

⌈ Mode excuse ON ⌋ Sasha, s’il choisit l’option 1,  pourra toujours dire qu’à cause de cette discussion, il a quasiment coupé les ponts avec son père. Qu’à cause de lui, l’ambiance sur l’exploitation s’est détériorée. Qu’à cause de ses mots, il n’a pas réussi à s’investir au travail. Mais au final, s’il se passe tout ça, ça sera à 100% en lien avec les décisions qu’il a prises après la discussion.

Brève 4 –  Elisabeth a eu un accident de voiture, elle avait tout juste 34 ans. Les gens qui lui rendaient visite à l’hôpital partaient en chuchotant dans l’ascenseur  « quelle horreur, elle avait la vie devant elle ». Elle a perdu l’usage de ses jambes mais elle est saine et sauve. Son corps se souviendra toute sa vie de ce choc. Les mois de rééducation à l’hôpital lui semblent une éternité. Une fois son retour à la maison, son mari lui annonce qu’il l’a quitte. Le sort s’acharne contre elle. Elle imagine qu’elle ne s’en sortira jamais.

Elisabeth a plusieurs options : 

  1. Elle choisit d’arrêter complètement son travail, même si elle aurait pu faire une partie de son boulot à domicile. Elle ne souhaite pas avoir à discuter avec des collègues, même au téléphone. Ses amis, elle leur a fermé la porte au nez, elle a honte de ce qu’elle est devenue 〈fermeture sur soi〉. Elle qui était si dynamique, promise à un avenir brillant 〈ressasser le passé〉. Elle ne voit plus que sa mère qui est sérieusement épuisée à chaque fois qu’elle voit sa fille car Elisabeth se plaint sans cesse, elle n’arrive pas à sortir la tête de l’eau 〈conséquence sur autrui〉.
  2. après plusieurs mois pour faire le deuil de sa vie antérieure et un sacré coup de pouce d’un psychiatre (et quelques médicaments, elle l’avoue), Elisabeth décide d’appeler une amie 〈ouverture vers l’autre〉pour qu’elle lui ramène de quoi se remettre à la peinture. Elle le dit sans honte, elle a encore peur de sortir de chez elle, elle ne maîtrise pas encore très bien le fauteuil. Si tôt dit, si tôt fait, Elisabeth passe 2 jours à peindre, elle sent que ça lui fait du bien, elle évacue toutes ses pensées négatives et arrive à esquisser un sourire à la fin de ces deux jours 〈mobilisation des ressources〉. Elle ne se sent pas de reprendre un travail mais elle a besoin de s’activer et de redessiner sa vie, elle s’inscrit alors à un club d’Handisport qui propose un session de basket tous les jeudi soir 〈capacité de résilience〉. Elle reprend petit à petit goût à la vie, ça va être long mais elle se dit qu’elle est encore jeune et qu’elle peut profiter encore de la vie, même en fauteuil roulant.

Elisabeth a toutes les raisons du monde de laisser tout tomber. Elle a toutes les raisons du monde de croire que le sort s’acharne contre elle entre son accident et son divorce. Elle a le choix : se laisser envahir par ce sentiment ou prendre le dessus et redessiner sa vie.

Fin –

 

J’ai bien conscience que ces brèves sont manichéennes, du tout noir ou du tout blanc, ou presque.

J’ai conscience que c’est une construction de l’esprit visant à vous faire adhérer à mon point de vue :-p

J’ai conscience que ce point de vue peut être ressenti comme culpabilisant pour certaines personnes.

Ne vous offusquez pas, prenez mon message avec hauteur. Ce que j’essaie de transmettre par ces brèves, ce qu’il est souvent plus facile d’accuser les autres que d’assumer sa propre responsabilité mais que cette attitude ne permet malheureusement pas – souvent – d’avancer.

Lorsque vous pensez « c’est la faute de ….. si aujourd’hui je…… », votre réflexion s’arrête là avec une bonne dose de rancoeur, de regrets voire de haine.

Lorsque vous pensez « il m’est arrivé ça…. J’ai fait le choix de…..et aujourd’hui j’ai décide de … », vous ouvrez la porte à une réflexion qui elle-même ouvrira d’autres portes qui vous amèneront sur les chemins de la sagesse, du pardon et de la tranquillité d’esprit.

Qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à me livrer vos témoignages en commentaire ou en privé (par l’onglet « à propos ») pour que nous discutions de tout cela ensemble.

 

Avec toute ma bienveillance,

Powa ♣

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Chérie, tu veux que je t’aide ? #NanMéO

Chérie, tu veux que je t’aide ? #NanMéO

 

Ce billet sera mon premier billet coup de gueule. Un petit coup de gueule, allons-y molo ! Ce billet ne parlera pas d’un livre que j’ai lu, d’un TED que j’ai vu ni d’une page bullet journal que j’ai imaginée. Ce billet évoquera quelque chose qui m’irrite depuis longtemps, très longtemps.

Ce billet inaugurera aussi une thématique qui reviendra de temps en temps #NanMéO, qui sera une thématique Coup de Gueule ( « Non mais Oh » peut celles qui n’avaient pas suivi 😉 ).

Avant, il n’y a pas si longtemps que ça finalement, la majorité des femmes étaient « femme au foyer ». Elles s’occupaient des tâches ménagères, des enfants. Elles n’avaient pas le droit de divorcer (jusqu’en 1886), de disposer librement de leur salaire (jusqu’en 1907), de passer leur Bac (jusqu’en 1924), de voter (jusqu’en 1944), pas le droit d’ouvrir un compte en banque sans l’accord de leur mari (jusqu’en 1965), pas le droit de choisir librement leur travail et gérer leurs propres bien (jusqu’en 1965) et pas le droit de porter des pantalons (jusqu’en 2013 ! Si si je vous assure ! Interdit par une ordonnance en 1800, il était considéré comme un travestissement. Cette interdiction était bien sûr bravée mais elle a été officiellement abrogée en 2013, ouf !) ….. ok, je m’arrête, ce n’est (presque) pas le sujet !

Ce temps où la femme était assignée à résidence n’est pas terminé puisque l’on retrouve quand même plus de femmes au foyer que d’homme au foyer, mais il s’agit aujourd’hui souvent d’un choix de couple cependant bien guidé par un imaginaire collectif encore bien patriarcal.

« Mais où veut-elle en venir  » …. J’arrive !

 

⌈Chérie, tu veux que je t’aide ?⌋

 

Mesdames, n’avez-vous pas déjà entendu cette phrase ? Si, mais vous ne voyez pas ce qui dérange ?

Moi cette phrase, elle me dérange profondément !

Chérie, tu veux que je t’aide à faire la vaisselle

Chérie, tu veux que je t’aide à étendre le linge

Chérie, tu veux que je t’aide à faire le repas

Chérie, tu veux que je t’aide à faire le ménage

Chérie, tu veux que je t’aide pour ranger les courses

Cette aide, si élégamment proposée par nos hommes – qui sont fiers de ne pas être de gros machos –  propose un implicite dont il nous faut être vigilante : par cette phrase, les hommes nous assignent la responsabilité de ces tâches pour lesquelles ils se proposent de manière chevaleresque de nous donner un coup de main. « C’est ton job ma puce, mais comme je suis un mari moderne, je propose – quand je n’ai rien d’autre à faire bien sûr – de te donner un petit coup de main ».

 

⌈Messieurs, soyez nos partenaires ⌋

 

Non, vos chéris n’ont pas à vous donner un coup de main pour toutes les tâches ménagères. Car eux aussi, ils mangent, ils salissent la maison, utilisent de la vaisselle et s’habillent. Ils devraient réaliser ces tâches au même titre que vous, en tant que membre de la famille. C’est une nuance mais qui change totalement la donne.

Avez-vous déjà entendu parler de la « charge mentale «  ? La charge mentale c’est tout ce travail mental fait en sous-marin par les femmes pour que leur foyer tourne rond. Je vois déjà arriver les quelques hommes qui auront eu la curiosité de lire ce billet, « NanMéO ! Moi je fais autant de chose que ma chérie à la maison ». Alors oui, il existe des exceptions, mais soyons bien d’accord qu’il ne s’agit aucunement du fait de faire des choses mais bien de les penser !

La charge mentale c’est tout ce travail de planification des tâches, d’organisation d’événements et de gestion de manière générale. Lorsque cette charge mentale est évoquée en couple, il y a quelques fois des réactions sur la défensive du genre « pourquoi tu ne m’as pas dit que tu avais besoin d’aide », « suffisait de me le dire ». Oui, c’est vrai, de nombreux hommes sont aujourd’hui disponibles pour « aider » (on y revient encore) à gérer la maison. Cependant, dans cette configuration, l’homme est un bon soldat qui exécute poliment (ou pas !) les ordres donnés par la femme. Ce que je veux dire, c’est que tout le travail de réflexion, d’organisation et de gestion est fait en amont et que l’homme exécute sans trop réfléchir.

Extrait de la BD d’Emma à retrouver sur son Blog EmmaClit

 

Cette charge mentale, je l’avais déjà sentie du bout des doigts dans mon couple pourtant plutôt équilibré en terme de tâche ET d’organisation des tâches. Dans nos débuts papillonnants, je l’ai déjà entendu me dire durant notre session ménage du samedi  « et maintenant, je fais quoi ? » ou encore  » je passe l’aspirateur sur le tapis ou pas ? » . Je suis une tête dure donc dès nos débuts je lui avais répondu de se débrouiller ou encore que je n’avais pas un gène-spécial-aspirateur donc qu’ils saurait tout autant que moi l’utiliser…

Et puis j’ai lu les planches d’une BD – Fallait Demander–  qu’Emma a diffusé sur son blog Emmaclit. Et là j’ai réalisé à quel point ce que l’on appelle l‘égalité homme-femme avait fait son chemin mais que subrepticement, sous couvert de « je passe autant l’aspirateur que ma femme » ou de « c’est moi qui amène Pichounet tous les matins à l’école » ce déséquilibre avait pris des formes plus sournoises, moins visibles et donc plus difficiles à combattre.

J’ai réalisé que je n’étais pas la seule à être irritée par ce « tu veux que je t’aide ». J’ai réalisé que l’image que je trouvais arriériste des femmes dans la cuisine pendant que les hommes font une coinche n’était pas sortie de mon imaginaire de fille un peu décalée.

Emma l’illustre parfaitement alors je vous invite à consulter ses planches qui sont plus claires que tous mes mots.

 

Extrait de la BD d’Emma à retrouver sur son Blog EmmaClit

Extrait de la BD d’Emma à retrouver sur son Blog EmmaClit

Extrait de la BD d’Emma à retrouver sur son Blog EmmaClit

 

 

⌈Quelle responsabilité a-t-on là-dedans  ?

 

Quand un couple se sépare, on a souvent tendance à dire que ce n’est jamais la responsabilité d’un des partenaires à 100%. On a tous notre part de responsabilité dans chacun des moments de notre vie.

Attention, je ne parle pas des faits avec violence avérée tels que les viols ou violences conjugales. 

Quand j’observe les couples autour de moi, quand je discute avec des femmes de la charge mentale, il revient souvent une chose : « il ne fait pas ça…. en même temps s’il le faisait, il le ferait mal alors je préfère le faire moi-même ».

Oups ! Ce besoin de contrôle qui me semble assez féminin (pourquoi ??!!) va parfaitement aux hommes qui du coup se voient délester de tâches chiantes et répétitives du quotidien. Tout le monde y trouve alors son compte ?

Pas vraiment, j’ai l’impression.

Certaines femmes dont le métier est véritablement de s’occuper de leur famille (femme au foyer quoi !), entretiennent un véritable rapport de responsabilité voire même de fierté dans cette tâche. Dans ce cas-là, ce que j’ai observé (mais je n’ai pas fait d’étude sociologique à ce sujet !) c’est que le fait d’assumer la charge mentale du ménage est plutôt bien vécu par les femmes.

Dans d’autres cas, souvent quand la femme travaille, il y a une volonté de contrôle mais qui n’est pas assumée dans le sens où elles aimeraient quand même que leurs hommes assument plus de choses au domicile ( non pas en terme d’exécution mais de planification et d’organisation du quotidien).

Finalement, lorsque nous voulons que les choses soient faites comme on l’a décidé, on prend le risque ( c’est quasi du 100% puisque l’autre n’est pas nous !) que cette tâche soit « mal » réalisée et que l’on doive en reprendre les rennes. Notre besoin de « perfection », surtout lorsqu’il concerne notre progéniture, n’est-elle pas EN PARTIE responsable de cette charge mentale qui nous incombe ? ( Sujet philo 2018, vous avez 1 heure 🙂 )

 

⌈Mais alors que faire ?  ⌋

 

Oui, parce que entre lire ce billet, visionner les superbes planches d’Emma et agir… il y a un pont doublé d’un fossé rempli de crocodiles et de bactéries tueuses d’Hommes ! Oui entre penser et agir, il s’en passe souvent du temps, des années ou tout une vie ! Comme je vous en parlais dans mon billet sur ma rencontre avec un Pigeon (oui, drôle d’article, je sais mais allez-y, lisez-le, il est sympa –> c’est ici !), le fait d’aligner ses pensées et ses actes me semble primordial pour avoir ce sentiment d’être un ÊTRE complet, épanoui et entier.

Alors, si je pouvais proposer des pistes de réflexions (ce que je ne vais pas me gêner de faire :-p), voici ce que je vous dirais :

  • commencez par ouvrir le yeux au quotidien : Ce sujet vous intéresse, sinon vous n’auriez pas cliqué sur l’article ou alors vous ne l’auriez pas lu jusqu’au bout. C’est un bon départ. Maintenant, il faut que vous fassiez le lien entre mon billet, les planches d’Emma et votre propre quotidien, votre propre fonctionnement de couple. Soyez attentives aux mots que vous utilisez avec votre partenaire, aux mots que votre partenaire utilise pour parler des tâches ménagères-administratives relatives à votre couple, à la répartition des tâches qui a l’apparence d’être équilibrée – mais l’est-elle vraiment en terme de charge mentale ?

 

  • préparez votre conjoint au changement en douceur … : inutile d’y aller brusquement en annonçant « à partir de demain, les choses vont changer tu vas voir ! »…. en terme de communication non violente, on n’y est pas 🙂 Pourquoi ne pas lui proposer de s’occuper d’une tâche de A à Z ? Le pique-nique de vendredi prochain pour pitchounet, le week-end chez mamie le mois prochain. Cela ne vous empêche pas de jeter un petit coup d’oeil à ce qui s’organise et de souffler (ou pas !) les manquements de manière subtile et souple.

 

  • préparez-vous à lâcher prise … : si votre besoin de contrôle est trop puissant, vous allez de facto vous retrouver à planifier voire exécuter la majorité des tâches relatives à votre famille. Acceptez que les choses ne soient pas faites comme vous l’avez décidé permet à l’autre de prendre ses marques, de se faire sa place voire même de s’améliorer avec le temps. Acceptez que vos enfants mangent des pâtes un soir où vous avez décidé de vous faire une soirée entre filles (VerSus vous passez l’après-midi à préparer le repas du soir, les pyjamas propres sur le lit, les serviettes à côté de la douche, dresser la table…). Acceptez que votre chéri aille au travail les chemises pas repassées, vous n’avez pas eu le temps, il n’a pas eu envie alors tant pis pour lui ! Acceptez que la cuisine soit sans dessus dessous pendant que votre chéri prépare le repas et donnez-lui un coup de main pour ranger quand il aura terminé (histoire de l’encourager à recommencer). Acceptez que les choses ne soient pas faites comme vous les auriez faites quoi….

 

Bon, j’en ai terminé pour aujourd’hui. J’espère que ça vous a fait réfléchir, si c’est le cas j’aurai rempli ma mission du jour 😉

Une dernière chose avant de partir, EmmaClit ce n’est pas qu’un blog, c’est aussi un livre délicieusement engagé dont je vous propose quelques pages qui je l’espère, vous donneront envie de l’acheter. Bon… allez, c’est ma tournée ! Emma m’ayant fait le plaisir de m’en envoyer un exemplaire, je vous le propose en concours bien sûr.

 

 

Pourquoi ENCORE un concours ? Pour 3 raisons extrêmement simples qui m’ont convaincue rapidement :

  1. Ce livre m’a été offert, c’est donc naturellement que j’ai envie de l’offrir à mon tour et pourquoi pas continuer la chaîne encore et encore ?
  2. J’essaie de m’ouvrir au minimalisme, donc je ne souhaite pas conserver ce livre (pourtant magnifique) chez moi.
  3. c’est un moyen pour moi de faire connaître cet article au travers des partages que vous allez faire. De quoi pourrait vivre ce blog si ce n’est par les lectures de ses lecteurs ? 😉

 

Pour participer, rendez-vous sur la page Facebook du Blog, ici, tout est expliqué !

Et pour le plaisir, voici quelques extraits du livre :

 

 

Merci d’avoir lu jusqu’au bout ce looooong billet. Que pensez-vous de tout cela ? Qu’avez-vous pu mettre en place chez vous pour diminuer la charge mentale ?

Powa ♣

 

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Ils ont disparu sans dire un mot

Ils ont disparu sans dire un mot

Ils ont disparu sans dire un mot.

Si vous êtes un professionnel de santé, si vous vous occupez d’adultes ou d’enfants malades alors vous saurez de quoi je parle.

Vous vous êtes occupés d’eux et du jour au lendemain, sans dire un mot, ils ont disparu.

Ils s’appellent Tony, Gaétan, Louca, Eloïse ou encore Léa. Vous, vous avez l’impression de vous appeler #dernièreroueducarrosse ou encore #mouchoirceluiquonjettepasceluiquongarde.

Ils sont venus parce que vous êtes thérapeute, c’est votre métier de vous occuper des autres.

Ils sont restés un an, deux ans, quelques fois trois ans au cabinet parce qu’ils avaient besoin de vous.

Et un jour ils ont disparu, sans dire un mot.

ils l’ont décidé sans vous en parler, sans vous consulter. Pour quoi faire au final ?

Ils ont pris leur décision sur un coup de tête, sur un coup de sang, sur un coup de peur.

Comment auraient-ils pu avoir conscience de l‘impact sur vous ? sur nous ? sur eux ?

Vous qui essayez tant bien que mal de lutter contre le transfert, véritable combat quelques fois pour des familles dans lesquelles vous entrez dans l’intimité pendant plusieurs années souvent. Vous n’êtes jamais indifférents.

Et pourtant, malgré votre implication, ils ont disparu sans dire un mot.

Difficile de garder son sang-froid, de ne pas mettre d’affect, même un peu.

Ce mot, ça aurait pu être « au revoir », « merci », « à bientôt ». Mais non, aucun mot n’est sorti de leur bouche.

Pourquoi ? Nous ne le saurons certainement jamais. Peut-être n’y a-t-il aucune raison, les vacances approchant, une absence en entraînant une autre, une petite baisse de motivation, une grande baisse de l’engagement.

Rien de grave me direz-vous ! Non, rien de grave. Ils ont disparu, sans dire et mot, et votre coeur s’en souviendra.

Alors cher lecteur, chère lectrice, toi qui as lu ce récit, toi qui te retrouveras peut-être devant ces petits coeurs. Ces coeurs mous et durs à la fois, ces coeurs blindés par un quotidien pas toujours rose, entourés de maladies graves et moins graves, de mauvaises nouvelles. Souviens-toi, si l’envie te prenait de disparaître, n’oublie pas dire un mot, un seul mot « au revoir », « merci », « à bientôt ».

Petit coup d’humeur, petit message du coeur.

Powa ♣

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